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Se servir de son intuition

Ma collègue Nancy Leblond m’a récemment transféré une chronique de Nicolas Duvernais parue dans Les Affaires du 30 mars dernier ayant pour titre la «McDonalisation de l’entreprenariat». Cet article m’a inspiré en mettant en lumière l’application à excès de normes au nom du respect des standards, des modèles, à quel point il peut être facile de glisser, sans trop s’en rendre compte, vers la standardisation où la pensée devient moins humaine et plus scientifique.

Tranche de vie

Quel bonheur comme parent d’apprécier le silence et le calme d’un samedi matin, lorsque les enfants sont tous occupés, avec comme seule activité immédiate de prendre un bon café et de passer en revue l’actualité. Moment quasi magique jusqu’à ce que je réalise que mes enfants sont «dangereusement» tranquilles et silencieux! Lorsque ce moment de calme et de silence devient «anormal», mon intuition me dicte de me lever et d’aller voir ce qu’ils font… Quitte à me déplacer pour rien, je n’aurais pas pris le risque de prolonger ce moment sans surveillance!

Écouter ma petite voix

Je crois que nous avons tous une petite voix intérieure qui nous parle, de l’intuition, un sixième sens dans nos vies privées. Comment se fait-il qu’une fois au travail, nous laissions cette intuition au vestiaire?

Nous avons appris à travailler et à gérer à partir de faits concrets, observables, mesurables et temporels. Le travail, c’est sérieux! Nous misons donc excessivement sur nos facultés intellectuelles au détriment de ce que nous sentons ou ressentons. Apprendre à se faire confiance, c’est aussi apprendre à connaître, reconnaître et légitimer notre intuition. Cette dernière pourrait même être élevée au rang des indicateurs de gestion. Mais ça ne semblerait pas sérieux…

Faire de la prévention

Se servir adéquatement de son intuition pour valider des perceptions nous mène, entre autres, à poser des gestes concrets permettant de prévenir ou de désamorcer des situations potentiellement problématiques. Nous devons avoir le courage d’aller à la rencontre de l’autre pour partager, questionner, valider ou invalider nos intuitions.

Ce faisant, en plus de démontrer à l’autre l’importance que nous lui accordons, nous lui témoignons du même coup de la considération parce qu’humainement, il est digne d’intérêt. Nous ne sommes pas indifférents à nos collègues ou employés puisque nous ne sommes pas indifférents à ce qui se passe en nous. D’autant plus lorsque nous avons le courage d’aller de l’avant pour échanger, comprendre ou donner une rétroaction en nous  faisant confiance plutôt qu’en nous réfugiant derrière des faits et le respect des normes.

Les normes sont des balises que nous nous donnons pour avancer vers un objectif. Elles ne sont pas l’objectif. Faire appliquer bêtement des normes est beaucoup plus facile que d’oser confronter une situation ou un collègue parce que nous avons l’intuition que quelque chose ne va pas.

Assumer

Il est humain que de rassembler son courage et de se responsabiliser, de se positionner et d’assumer ce positionnement  puisse représenter un défi, particulièrement lorsqu’il y a des enjeux humains émotivement chargés. En fait, l’inertie peut également être très lourde. Le délai qui s’installe avant de passer à l’action mène à l’échafaudage d’hypothèses qui habituellement ne se réaliseront jamais. Ce temps où nous intellectualisons nos intuitions devient énergivore, stérile et néfaste.

Les pompiers le font!

Même les pompiers font des interventions de prévention. Nous ne sommes pas obligés d’attendre l’intervention d’une autre personne ou le début d’un incendie pour remplacer les piles du détecteur de fumée!


Chronique radio

Pour écouter la chronique radio en lien avec ce billet, visitez
Bonheur au travail sur les ondes de Radio-Canada "Des matins en or"