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Devrait-on avoir des attentes?

Devrait-on ou non avoir des attentes? Question difficile. La majorité des gens que je rencontre ont des attentes à l’égard de leur employeur et de leurs collègues. Plusieurs mentionnent ne pas, ou ne plus en avoir. Comme moyen de protection, ne pas avoir d’attentes peut permettre d’éviter d’être déçu. Cependant, ce positionnement fonctionne rarement…

Nous n’avons pas d’attentes? Rarement… très rarement.

Les gens que je rencontre prétendant ne pas avoir d’attentes ont habituellement été déçus, choqués ou blessés dans le passé. Il est alors facile de comprendre le rapport que ces personnes entretiennent avec la notion d’attente.

Il importe de faire la distinction entre ne pas avoir d’attentes et ne pas oser les nommer. Si je continue de nourrir des attentes à l’égard des autres, mais que je les garde pour moi, je risque de vivre d’autres déceptions. Pire, ces malheurs s’additionneront et finiront par représenter un poids insoutenable. De plus, je souffrirai seul car personne ne peut m’aider en lien avec ce que j’ai gardé pour moi.

Heureusement, grâce à quelques collègues, je ne resterai pas seul longtemps, car ils percevront rapidement mon désarroi. Preuve que nos collègues et patrons, sensibles, empathiques et observateurs sont capables de nous lire. S’ils peuvent lire nos réactions, ils peuvent probablement lire également le fait que nous ayons des attentes. Ils ne pourront pas deviner lesquelles, mais ils ne sont pas dupes. Ils auront tôt fait de saisir l’incohérence entre mon discours à l’effet que je n’ai pas d’attentes et ma façon de me comporter.

Il est donc faux de mentionner ne pas avoir d’attentes si mes relations avec mon entourage me font vivre des émotions négatives et même positives. Ne pas avoir d’attentes signifierait plutôt être complètement indifférent, ce que nous sommes rarement.

Nous portons des jugements

J’ai toujours pensé, à tort ou à raison, que porter des jugements est un signe d’intelligence démontrant notre capacité à faire des liens. Si je me permets de porter un jugement, c’est probablement parce que je fais un lien entre ce que je constate dans ma réalité et les attentes que j’entretiens. Pour moi, porter des jugements, au sens de faire des constats basés sur des faits et des intuitions à valider, est nécessaire.

Par contre, juger les autres en leur prêtant des intentions du type «on sait bien…», «bon, encore..», «il fait toujours ça…» nous éloigne considérablement de la notion de confiance et de respect.

Lorsque je porte des jugements sur les autres en leur prêtant des intentions, je me donne raison de douter. Je me donne également bonne conscience en mettant la faute sur l’autre alors que je n’ai pas eu le courage de nommer mes attentes et de tenter de convenir de ce qui pourrait être mutuellement acceptable.

Nous ne sommes pas des touristes

Nous sommes responsables de ce qui nous arrive, sinon, au minimum, de nos réactions face à ce que nous vivons.

Même les touristes n’ayant à première vue aucune responsabilité en lien avec ce qui leur arrive en voyage ont des responsabilités. En plus de choisir leurs destinations, leurs activités, leurs transports, leurs assurances, etc., ils ont probablement mentionné quelques attentes à leur agent de voyage pour éviter de se ramasser n’importe où.

Avoir et garder espoir

Avoir des attentes signifie être également capable de nourrir, voire chérir, des rêves, des souhaits et des ambitions.

Ne plus avoir d’attentes pourrait à ce moment signifier être dans l’indifférence et sans espoir. La vie, incluant la vie au travail, est trop belle et pleine de potentiel pour ne pas espérer que demain soit non seulement une belle journée, mais une journée encore meilleure qu’aujourd’hui!